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lundi 15 mars 2010

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La RFID est-elle le nouvel eldorado des logisticiens de la décennie ?

La RFID est-elle le nouvel eldorado des logisticiens de la décennie ?

En tant que praticiens de cette communauté toujours à l’écoute des tendances, nous sommes attentifs aux technologies qui permettraient de limiter les efforts de l’exploitation quotidienne et répétitive, d’augmenter l’efficacité du système et de créer de la valeur ajoutée. Comment inscrire la RFID à une panoplie d’outils déjà fournie ? Comme une véritable révolution ou plutôt une évolution naturelle et qui comme ses aînées prendra le temps nécessaire de la maturation ?

La technologie RFID

La technologie RFID ne constitue pas une nouveauté puisque sa première utilisation remonte à la seconde guerre mondiale par la Royal Air Force pour l’identification des appareils. La RFID consiste en un échange via des ondes radio fréquence entre un interrogateur et un récepteur / émetteur porteur de l’information. Le tag ou transpondeur détient l’information dans une puce électronique miniaturisée. Cette puce est équipée d’une antenne lui permettant de communiquer par onde radio. Cet ensemble, nommé “inlay”, est packagé, selon les contraintes de l’environnement d’exécution, sous différentes formes comme une étiquette (smart tag), une capsule, ou intégré directement dans un produit. Le tag transmet ses informations via sa propre énergie, tag dit “actif”, ou en utilisant la résonance de l’interrogateur. Cet élément se compose d’une antenne et d’un lecteur/transmetteur permettant d’une part, de contrôler et moduler les fréquences radio, et d’autre part d’identifier et de transmettre les données. L’interconnexion du lecteur au réseau d’information est assurée par un middleware. Pour assurer la communication entre le tag et le lecteur, un protocole et une fréquence d’échange sont désignés. Il existe plusieurs fréquences de référence dans le domaine de la RFID. Les trois principales sont :
- 125 KHz dit Basse Fréquence,
- 13,56Mhz dit Haute Fréquence,
- 860-930MHz dit Ultra Haute Fréquence (UHF).

Chacune offre des performances différentes, en terme de distance et de fiabilité de lecture, selon l’environnement d’exécution. L’UHF est réputée pour ses distances de lecture importantes mais un environnement liquide lui est défavorable. La basse fréquence subit moins les contraintes environnementales mais ne peut lire qu’à quelques centimètres. Outre les caractéristiques intrinsèques des fréquences, les contraintes réglementaires des pays sur l’émission d’onde radio est à prendre en compte (voir paragraphe “les limites à un déploiement rapide en France”).Figure 1- pdf

Domaines d’application et apports de la RFID

La technologie RFID s’est avérée économiquement viable dans de multiples activités offrant une nouvelle dimension de support et d’échange d’information. Ces applications, dites historiques, ont donné lieu à des expériences multiples dans les domaines de la Sécurité - Contrôle d’accès, le transport, la gestion des immobilisations. Face à la diminution des coûts de fabrication des puces électroniques, l’utilisation des tags s’est développée dans les domaines d’application suivants :
- Supply Chain,
- RTLS (Real Time Location System),
- Point de vente.

Les apports de la RFID dans la supply chain sont multiples et prometteurs. L’application de la technologie engendre une modification des processus d’exécution en remplaçant le code à barres, mais ouvre la porte à une réelle supply chain étendue et collaborative. L’adoption de cette technologie implique de multiples conséquences, comme par exemple :
• la gestion de stock en participant à la réduction du niveau de stock ; la meilleure visibilité des stocks associée à une fiabilisation de l’inventaire permet de déclencher immédiatement les réapprovisionnements. Les opportunités de cross docking s’avèrent plus importantes,
• l’optimisation des coûts opérationnels par une meilleure utilisation des ressources ; l’application de la RFID laisse entrevoir une augmentation de la productivité des process par une automatisation plus avancée (moins de ressaisie dans le système),
• l’amélioration de la qualité de service client à tous les niveaux de la chaîne d’approvisionnement ; en effet, l’automatisation des contrôles, la fiabilisation des opérations et des enregistrements dans le système diminuent le risque de litige (diminution des avoirs) ; cette amélioration de la qualité de l’information engendre une accélération des temps de cycles et des lead times et une diminution des ruptures en linéaire,
• la traçabilité sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement ; le meilleur suivi de l’information garantit l’optimisation des campagnes de rappel ; la RFID est une nouvelle arme d’authentification renforçant le contrôle des réseaux de distribution parallèle et limitant la contrefaçon,
• la sécurité en magasin via la combinaison des fonctionnalités antivol. L’étiquette RFID se présente alors comme une évolution technologique naturelle du support d’identification automatique des articles et de leurs contenants puisque :
• la puce ne doit pas nécessairement être visible pour la lecture,
• elle offre une meilleure résistance aux environnements difficiles,
• elle augmente la capacité d’information transportable,
• l’information portée par la puce ou par le système d’information est dynamique,
• elle permet de lire et d’identifier simultanément plusieurs codes,
• elle participe aux gains de productivité opérationnelle puisqu’il n’est plus nécessaire de lire unitairement chaque colis, mais que le passage sous portique permet l’enregistrement multiple et rapide de l’ensemble du contenu des unités de manutention.
Toutefois les supports d’identification automatique de type code à barres ne sont pas pour autant obsolètes si l’on considère leur maturité technologique et leur généralisation d’utilisation (standardisation avancée et coût minimum). Les deux technologies seront donc amenées à cohabiter. Figure 2 - pdf

Les accélérateurs de l’adoption de la technologie RFID

Des enjeux macro économiques expliquent la vague d’intérêt pour la RFID. L‘AMR Research1 annonce une économie potentielle par l’adoption de la technologie RFID de 180 à 300 milliards de dollars par an. D’après Auto ID Center2, la disparition de 20% des biens de grande consommation entre l’usine et la surface de vente, soit $60 milliards par an dont $18 milliards pour l’Europe, les réseaux de vente font face à des pertes résultant de la contrefaçon ou des marchés parallèles. Les ruptures de stock et en linéaire entraînent des pertes de CA et de marge. Elles sont estimées de 3 à 6% des ventes totales de produits finis alors qu’un tiers des ruptures disposent de stock en réserve que la surface de vente ignore. Ce ratio évolue fortement pour les articles unitaires de forte valeur. D’autre part, un enjeu majeur s’ajoute à ces facteurs économiques : la traçabilité, avec ses contraintes de réglementation et de localisation pour des rappels en urgence de produits (traçabilité descendante). En effet, ces rappels surveillés par la FDA ont augmenté de 1.500 en 1988 à 4.500 en 2001. D’autres organisations américaines ont également observé une forte hausse, comme par exemple le ministère de l’agriculture +24% entre 2001 et 2000. On constate également le mise en application de nouvelles règles aux Etats Unis et en Europe ajoutant de fortes contraintes sur les données relatives à la traçabilité ascendante (capacité, en tout point de la chaîne d’approvisionnement, à retrouver l’origine et les caractéristiques d’un produit à partir d’un ou plusieurs critères donnés). Face à ces enjeux, une communauté d’acteurs de poids s’est créée sous le nom d’AUTO-ID, afin d’analyser la capacité de la RFID à répondre à ces problématiques. Les résultats jugés concluant par ces acteurs majeurs, ont entraîné de nouvelles règles économiques imposées majoritairement par les distributeurs aux industriels :
- WAL-MART impose à ses 100 premiers fournisseurs d’ajouter un tag aux unités logistiques pour janvier 2005,
- TESCO élargit son pilote RFID à 5 magasins pour septembre 2005,
- METRO passe en phase 2 du déploiement de sa stratégie RFID avec un tag apposé sur les unités logistiques,
- Le groupe Gillette exploite sous la technologie RFID depuis la fin 2003, toutes les opérations d’un de ses principaux sites de distribution aux États-Unis.

La standardisation de la technologie RFID

Une application industrielle étendue de la RFID repose sur une standardisation reconnue et adoptée. Dans cette optique, 70 organisations & entreprises (WAL-MART, GILETTE,...), 30 partenaires technologiques (SAP, Aliens,....) et 20 partenaires institutionnels se sont regroupés en 1999 afin de lever les principaux freins au déploiement généralisé de l’identification par Radio Fréquence. Cet organisme, nommé l‘AUTO-ID, propose une vision de l’application de la RFID dans son ensemble (technologie / gestion de l’information / organisation liée) au travers de :
- l’identification et le suivi des produits et des colis,
- la synchronisation de la supply chain,
- la qualité des stocks. Dans ce cadre, l’AUTO-ID a fait paraître un ensemble de spécifications d’application de la technologie aux besoins de la supply chain via l’identification des produits ou cartons par un identifiant unique : le code EPC (Electronic Product Code). A ce code est associé une architecture système permettant la collecte et le partage de l’information :
- le lecteur,
- le “Savant” pilotant les lecteurs et assurant l’intelligence de l’identification par des filtres de données,
- Le “Physical Markup Language”, langage commun d’échange,
- Le “EPC Information System”, gérant les requêtes d’interrogation,
- Le “Object Name Service” dirigeant l’EPC vers l’URL stockant les données. L’ensemble des acteurs de la chaîne d’approvisionnement communique via ce réseau mondial sur l’incrémentation du code et l’historisation. La technologie RFID est dans ce cadre utilisée comme simple identifiant, l’information parallèle étant gérée par le système d’information. L’ensemble de ces composants fait l’objet de spécifications émises par l’AUTO-ID. Des spécifications de traduction des codes standards actuels (GTIN / SSCC / etc.) dans le format EPC ont été rédigées afin de faciliter la mise en place du standard.

Les travaux de l’AUTO-ID se sont achevés en 2003 donnant naissance à deux organisations :
- EPC Global, Joint ventureEANInternational & UCC, pilotée par les sponsors de l’AUTO-ID, dont l’objectif est d’industrialiser la technologie,
- AUTO-ID LABS assurant le prolongement des travaux de recherche sur l’utilisation de la RFID. Les acteurs majeurs de l’AUTO-ID ont établi un plan de déploiement du concept EPC sur les années à venir avec une phase pilote ayant lieu actuellement et une phase d’industrialisation progressive prévue pour 2005. Ces premières industrialisations associées à l’adoption de ce standard par le plus grand nombre devraient faire chuter les prix via la production d’équipements et de puces électroniques en grande série et garantir la pérennité des investissements. Face à cette standardisation EPC, l’organisme de régulation mondiale ISO tente d’établir un ensemble de norme régissant le protocole technique de communication entre le tag et le lecteur (protocole air). Ces travaux sont menés au sein de la Commission ISO/IEC JTC 1/SC 31 devant aboutir à la parution de la norme ISO 18000 comprenant sept protocoles :
• 18000-1 : Vocabulaire & Définition
• 18000-2 : < 135 kHz
• 18000-3 : 13,56 MHz (ISO 15693 + particularités)
• 18000-4 : 2,45 GHz
• 18000-5 : 5,8 GHz
• 18000-6 : 860 à 926 MHz (UHF)
• 18000-7 : 433 MHz
L’échéancier de parution n’a pu être respecté. L’ensemble des protocoles était prévu pour janvier 2004, mais les trois derniers ont été repoussés à juillet 2007. D’autre part, l’ISO 18000-5 a été annulé. Ces normalisations n’apporteront pas de recommandations sur une structure d’échange de l’information via la RFID comme l’EPC GLOBAL mais simplement les normes technologiques associées à chaque fréquence. On assistera à une convergence de l‘ISO 18000 et des spécifications matérielles de l’EPC GLOBAL. Figure 3 - pdf

Dossier de Jean-Marie Le Bizec et Lionel Combes - Directeur Associé et Consultant ADELANTE

Deuxième partie le mois prochain : la mise en œuvre , les limites d’un déploiement rapide de cette technologie et la démarche de réalisation d’un Business Case spécifique à la RFID...

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Adelante
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