Une traçabilité incomplète chez Coca-Cola ....
interdit la vente...
Difficile d’imaginer pire situation pour une entreprise que de se voir interdire la vente de ses produits...
En annonçant de mauvais résultats trimestriels fin 1999, Coca-Cola® y a trouvé la cause dans l’interdiction momentanée de vente de ses sodas en France et Belgique, qui aurait accentué la méfiance du consommateur. Or l’interdiction, a expliqué Marylise Lebranchu, secrétaire d’état au commerce, reposait sur "l’incapacité de Coca-Cola à être claire sur la traçabilité de ses produits".
Une mesure d’autant plus mal perçue chez Coca-Cola, que la faute n’est pas forcément dans son camp. L’entreprise d’Atlanta affirme disposer d’une traçabilité complète sur ses produits. "Le code placé sur le fond extérieur de la canette permet d’identifier le lieu où elle a été produite, la ligne de production d’où elle sort. On peut en déduire quelle est la palette qui l’a transportée et même le destinataire du lot auquel la canette appartient" explique Guy Bercy, directeur industriel de Coca-Cola Entreprise, l’embouteilleur français de la marque.
Ainsi le code L06F21 : 53DV signifie que la canette a été produite à Dunkerque à 21 h 53 sur la ligne de production DV.
Reventes non repérables
Là où Coca-Cola n’a pas su répondre, c’est lorsqu’on lui a demandé si des canettes initialement destinées au marché belge pouvaient se trouver en vente sur le marché français. Le Coca-Cola® étant un produit à longue durée de conservation, la marque étant universellement connue, les canettes du produit peuvent être revendues plusieurs fois sans que coca-Cola n’en sache rien. Les grossistes et centrales d’achat, clients directs de Coca-Cola ne sont pas forcément équipés de système de traçabilité.
La libre circulation des marchandises au sein de l’Union Européenne ne facilite pas le repérage de reventes de canettes. "Nous avons découvert que du Coca-Cola tchèque était vendu en France par l’intermédiaire d’un courtier qui l’avait lui-même revendu à un autre courtier" explique Guy Bercy.
Traçabilité incomplète
Les échanges commerciaux sont aujourd’hui éminemment complexes et on le voit, Coca-Cola en a pâti pour les autres. Intermédiaires, distributeurs sont depuis restés dans le collimateur de Marylise Lebranchu qui explique vouloir "travailler pour que les lots de produits soient inscrits sur toutes les factures intermédiaires pour pouvoir les tracer".
Coca-Cola, le producteur, ne saurait honnêtement être tenu pour seul responsable. Cette affaire illustre bien l’utilité de la traçabilité à tous les niveaux. En l’occurrence, la traçabilité sur les circuits de production ne suffit pas, les circuits commerciaux devraient systématiser aussi son usage. Ceci pour pouvoir répondre efficacement à tout début de crise dans le secteur agroalimentaire.
Source Coca-Cola - Le Monde
Fabienne Gougeon
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