Développement durable : les enjeux
Le développement durable est un thème d’actualité. Mais de quoi s’agit-il ? Quel rôle doivent jouer les professionnels du transport et de la logistique ? Quels éléments peuvent-ils mettre en place ?
Le développement durable est un concept qui a été défini en 1987. Il s’agit « d’un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. » Le développement durable appelle donc, comme l’a indiqué Jacques Chirac lors du Sommet de Johannesburg en 2002, un changement de comportement de chacun face aux menaces qui pèsent sur les hommes et la planète : inégalités sociales, changements climatiques... Rappelons également qu’une politique de développement durable est constituée de trois leviers qui doivent permettre d’améliorer les différentes situations « à risque » :
le social ;
l’économique ;
l’environnemental.
Si les transporteurs répondent aux exigences des deux premiers volets, cela reste difficile pour eux de mettre en place une organisation qui favorise la protection de l’environnement.
Le volet social
En ce qui concerne le volet social, le secteur du transport et de la logistique représente un facteur d’intégration sociale. C’est un secteur dans lequel on embauche souvent des personnes peu qualifiées et que l’on retrouve parfois, quelques années plus tard, à la tête d’un entrepôt.
Le volet économique
D’autre part, le transport et la distribution des marchandises constituent l’un des fondements de l’activité économique. Sa valeur ajoutée demeure, à prix constants, de l’ordre de 4,5% du Produit Intérieur Brut marchand de la France.
La question environnementale
Il n’y a donc que sur le volet environnement que l’industrie du transport et de la logistique apparaît comme un mauvais élève. L’augmentation de la circulation, particulièrement celle des camions, pose de nombreuses nuisances. Le transport routier est particulièrement montré du doigt à cause des effets néfastes qu’il entraîne sur l’environnement. Une situation qui devrait continuer à poser des problème car on prévoit une augmentation de 50% des échanges à l’intérieur de l’Europe d’ici 2015. Les acteurs du secteur sont d’ailleurs sensibles au sujet puisqu’ils sont eux-mêmes des citoyens.
Des questions se posent donc sur la manière de diminuer le transport routier et la pollution qu’il occasionne.
Parmi les solutions évoquées, on trouve le plus souvent l’utilisation de transports alternatifs tels que la train ou le frêt maritime. De nombreux entrepôts - un sur deux - sont d’ailleurs connectés au fer mais très peu d’entre eux s’en servent. Les industriels du secteur dénoncent en effet une faiblesse dans le maillage. Selon Alain Marcheoine, directeur de l’air, du bruit et de l’efficacité énergétique à l’Ademe, la situation serait différente si l’on pouvait, par exemple, traverser l’Europe d’une seule traite. D’après lui, l’un des autres freins au développement de ce mode de transport est l’investissement lourd qu’il représente. « Vous pouvez acheter un camion à crédit avec quelques milliers d’euros d’apport [...] Le train c’est un investissement très lourd et seules des entreprises qui ont une surface considérable peuvent s’y lancer... »
En outre, le développement des TER qui doit permettre au gens de venir travailler en ville ne favorise pas le développement du frêt ferroviaire. En effet, ces trains régionaux dévorent les créneaux horaires qui pourraient être consacrés au transport de marchandises.
Les pays du nord de l’Europe, particulièrement la Norvège, effectuent actuellement des tests avec des camions de 44 tonnes. Selon les norvégiens, l’utilisation de véhicules de taille supérieure permettrait d’en diminuer le nombre. Une solution à laquelle ne croit absolument pas Alain Morcheoine : « Il y longtemps que je suis dans le transport, j’ai connu les 28, les 38, et les 40 tonnes, et ce n’est pas parce qu’on a monté le PTRA qu’on a moins de camions sur les routes », explique-t-il.
L’une des autres possibilités est l’utilisation de véhicules électriques. Mais cela a également des implications non négligeables. En effet, ce mode de transport suppose d’avoir des entrepôts proches des agglomérations et aussi des véhicules d’une plus grande autonomie. Il faudrait qu’il y ait une véritable volonté de développer l’électrique.
L’un des procédés favorisé en France depuis plusieurs années est la massification qui permet de concentrer dans un seul endroit les nuisances occasionnées.
Certaoine entreprises s’astreignent également à intégrer les entrepôts dans leur environnement immédiat. Cela passe par le fait d’avoir de vastes surfaces de verdure autour, de planter de nombreux arbres...
Quant aux énergies propres, les industriels n’y semblent pas très favorables pour l’instant car cela représenterait un coût important pour eux. Là encore, Alain Morcheoine dénonce cette réticence. « Jamais les changements de modes ou de carburant n’ont empêché la croissance. Ce n’est pas parce qu’on a arrêté d’utiliser le charbon que la richesse du pays a diminué, la disparition de la voiture à cheval n’a pas, non plus, affecté la croissance », souligne-t-il.
On peut donc constater que différentes solutions pourraient apparaître comme bénéfiques pour la protection de l’environnement ; mais il n’existe pas de véritable politique qui tende à les favoriser. Néanmoins, le secteur du transport et de la logistique répond aux premiers volets du développement durable. L’idéal serait donc de trouver un équilibre entre les trois. Des améliorations sont sans aucun doute possibles à condition que tous les acteurs de la chaîne collaborent.
Gaud Menguy
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