Pétrole à 130 dollars le baril : pourquoi les prix des carburants vont encore grimper en France

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L’Institut français du pétrole et des énergies nouvelles (IFPEN) vient de publier des projections qui font froid dans le dos. Selon ses analystes, le prix du pétrole brut pourrait atteindre 130 dollars le baril dès le mois de mai 2026, avec des conséquences directes sur le portefeuille des automobilistes français. Le litre de carburant dépasserait alors largement la barre des 2 euros.

Un contexte géopolitique qui pèse sur les marchés pétroliers

La tension au Moyen-Orient reste le principal moteur de cette flambée. Les échanges commerciaux dans le détroit d’Ormuz, par où transite environ 20 % du pétrole mondial, sont régulièrement perturbés. Et quand le Moyen-Orient tousse, c’est toute l’économie mondiale qui s’enrhume.

Vous avez sans doute remarqué que votre plein coûte déjà sensiblement plus cher qu’il y a six mois. Le prix moyen du gazole dépasse 1,85 euro le litre dans la plupart des stations françaises. Pour l’essence SP95, on frôle les 1,90 euro. Et ce n’est, selon l’IFPEN, que le début.

Ce que cela signifie concrètement pour votre budget

Faisons un calcul rapide. Un automobiliste qui parcourt 15 000 km par an avec une voiture consommant 6 litres aux 100 km dépense aujourd’hui environ 1 665 euros en carburant. Avec un litre à 2,10 euros — scénario plausible d’ici l’été — la facture grimperait à 1 890 euros. Soit 225 euros de plus par an, ou près de 19 euros par mois.

Ça ne semble pas énorme dit comme ça, mais pour les ménages qui dépendent de leur voiture au quotidien — les trajets domicile-travail en zone rurale, les artisans, les livreurs — l’addition devient salée.

Certains pays européens passent déjà au rationnement

Fait marquant : un pays européen a déjà mis en place un rationnement des achats de carburant à 50 litres par passage en station. Une mesure qui rappelle des épisodes que l’on croyait réservés aux manuels d’histoire.

En France, le gouvernement n’en est pas encore là, mais la pression monte. Voici les principales pistes évoquées :

  • Une ristourne temporaire à la pompe, similaire à celle de 2022, mais ciblée sur les ménages modestes
  • Un renforcement du chèque énergie transport pour les trajets domicile-travail
  • Une négociation avec les distributeurs pour plafonner les marges

La BCE prête à agir face au choc énergétique

Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, a tenu à rassurer les marchés ce mercredi. Elle a déclaré que la BCE disposait d’un « éventail gradué d’options de réponse » pour faire face à ce choc énergétique. Traduction : si la situation dérape, Francfort n’hésitera pas à intervenir.

Le problème, c’est que l’inflation repart. Et quand l’énergie coûte plus cher, c’est toute la chaîne de production qui trinque : transport, industrie, grande distribution. On le voit déjà dans les rayons des supermarchés, où certains produits de base ont pris 5 à 8 % depuis janvier.

Faut-il accélérer la transition énergétique ?

C’est la question qui revient à chaque crise pétrolière. Et la réponse est toujours la même : oui, mais ça prend du temps. Les ventes de véhicules électriques progressent — on y reviendra dans un autre papier sur la nouvelle Twingo électrique — mais le parc automobile français reste massivement thermique.

En attendant, le réflexe de beaucoup de Français sera de comparer les prix entre stations, de décaler leurs pleins en espérant une accalmie, ou de covoiturer davantage. Des stratégies de survie budgétaire qui sont devenues, malheureusement, une habitude.

La prochaine échéance à surveiller : le rapport mensuel de l’OPEP prévu début avril, qui donnera une indication sur les volumes de production à venir. D’ici là, gardez un œil sur les prix à la pompe. Ils risquent de ne pas vous faire sourire.